Approches poétiques de la mort chez Charles Baudelaire et Jalâl ad-Dîn Rûmî: contraste entre angoisse existentielle et exaltation mystique

Type de document : Original Article

Auteurs

1 Maitre-assistant, département de langue et littérature françaises, Branche Arak, Université Azad Islamique, Arak, Iran

2 Maître assistant et membre du corps professoral du département de langue et littérature persanes, Université islamique Azad, unité de Mahabad, Iran

Résumé

Cet article propose une analyse approfondie des représentations contrastées de la mort chez deux grandes figures de la poésie: Baudelaire et Mowlânâ. Bien qu’ils partagent une réflexion intense sur ce thème, leurs visions s’opposent radicalement. Baudelaire oscille entre angoisse et fascination, en revanche Rûmî conçoit la mort comme un passage spirituel vers l’union divine. En adoptant une approche comparative, cette étude explore ces perspectives divergentes en les recontextualisant dans leurs cadres culturels et philosophiques distincts. La problématique centrale interroge la manière dont leurs conceptions opposées de la mort reflètent les influences spirituelles et philosophiques propres à chacun, tout en nourrissant une réflexion universelle sur la condition humaine. Pour répondre à cette question, l’analyse porte sur des motifs spécifiques et la thématique de la mort dans un corpus de poèmes sélectionnés. Les résultats indiquent que, malgré la distance temporelle et culturelle qui les sépare, Baudelaire et Mowlânâ partagent une fascination presque identique sur la mort, tout en adoptant des approches résolument différentes.

Mots clés

Sujets principaux


Introduction

La mort constitue l'une des interrogations fondamentales de l'humanité et demeure l'un des mystères les plus insondables, tant sur le plan psychologique que spirituel.L’étude des expressions littéraires, artistiques et philosophiques issues de multiples horizons culturels met en lumière le rôle fondamental que joue la mort en tant que thème structurant de la pensée et de la création humaine : la peur et l'étonnement qu'elle engendre sont universels et font partie intégrante de l'expérience humaine. La manière dont la mort est perçue varie en fonction des convictions individuelles. La divergence fondamentale entre l’athée et le croyant réside dans leur conception de la mort et de la Résurrection : tandis que l’athée y voit la fin définitive de l’existence, le croyant l’envisage comme le seuil d’une vie nouvelle, transcendante et éternelle. Les mystiques et les adeptes de la gnose partagent profondément cette réflexion en regardant «la mort non seulement comme le début d'une nouvelle existence, mais également comme une opportunité d’aller à la rencontre de l’Aimé Éternel» (Mohseni, 2012, p. 130), alors que la vie terrestre est perçue comme un exil. Ainsi, loin d’être redoutée, la mort devient pour eux une expérience transcendante, accueillie avec enthousiasme et exaltation.

Jalâl ad-Dîn Mohammad Balkhî, plus connu sous les noms de Mowlânâ ou Rûmî (1207-1273), remet en question la perception traditionnelle de la mort, qu’il considère comme erronée. Plutôt que de l’appréhender avec crainte, il la conçoit comme une libération spirituelle et une renaissance menant à l’union divine. À travers son œuvre magistrale, Mathnavi (1992), il célèbre la mort comme un retour joyeux vers la source divine, où chaque être se dévoile dans son essence véritable et selon ses actions. Rûmî compare la mort à un miroir qui reflète la nature profonde de l’individu, au-delà des illusions et des apparences trompeuses: «Si notre nature est aussi belle», pour reprendre les termes de Mowlânâ: «qu'une turque, notre beauté se reflètera dans le miroir et celui-ci la mettra en avant; en revanche, si nous sommes noirs, notre reflet dans le miroir sera également à l'image de notre noirceur» (Rûmî, 1992, p. 196).

Dans Les Fleurs du Mal (2003), Baudelaire consacre une section entière au thème de la mort, intitulée «La Mort». Cette partie rassemble des poèmes marquants tels que «La Mort des Amants», «La Mort des Pauvres» et «La Mort des Artistes». À travers ces textes, le poète explore la mort sous différentes facettes: tantôt envisagée comme une libération, une échappatoire aux souffrances du monde, tantôt comme une fatalité inexorable. Baudelaire associe la mort à une quête d'idéal inaccessible, oscillant entre une vision esthétique et une obsession macabre. A travers cette œuvre qui «règle l’itinéraire poétique sur le modèle d’une autobiographie spirituelle» (Charnet, 1991,
p. 67
) le prépas devient une présence constante, à la fois attirante et terrifiante, traduisant l'angoisse et le désespoir inhérents à la condition de l'auteur.

Cet article examine comment Baudelaire et Rûmî, portés par des visions du monde distinctes et nourris par leurs contextes respectifs, donnent forme, à travers la poésie, à des représentations contrastées de la mort. Chez Baudelaire, poète de la modernité occidentale, la mort revêt une dimension tragique, à la fois redoutée et espérée, oscillant entre délivrance et fatalité. Par contre, Rûmî, profondément enraciné dans la mystique soufie, la perçoit comme une étape de passage vers la communion avec Dieu. Malgré des visions contrastées, tous deux partagent une fascination pour ce thème, exprimant une réflexion universelle sur la condition humaine et la finitude de l’existence. La présente étude repose sur l’exploitation rigoureuse de sources fiables, aussi bien bibliographiques que numériques, et s’est construite à partir d’un processus méthodique de collecte de données portant sur deux œuvres majeures de la littérature mondiale: Le Mathnavi Manavi de Jalâl al-Dîn Rûmî (1992) et Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire (2003). Dans un premier temps, les sources primaires et secondaires ont été sélectionnées selon une démarche analytique et comparative; par la suite, les données ainsi réunies ont été soumises à une analyse de contenu approfondie, fondée sur des indices textuels précis et des cadres critiques établis, dans le but d’éclairer de manière plus rigoureuse les concepts fondamentaux véhiculés par ces deux corpus. L’ambition de cette recherche ne se limite pas à une simple confrontation de deux poètes issus d’horizons culturels dissemblables, mais tend à élargir le champ des interprétations possibles en proposant une relecture des textes classiques et modernes à travers l’exploration de thématiques universelles telles que la mort, la quête de liberté et le sens de l’existence. Les questions de recherche sont formulées de manière suivante: Quels sont les motifs récurrents et les thèmes majeurs qui jalonnent l’œuvre de deux poètes? En quoi leur perception de la mort diffère-t-elle, entre la vision sombre et tourmentée de Baudelaire et l’approche libératrice et spirituelle de Rûmî? Quelles sont les convergences et les divergences dans leur façon d’aborder le thème de la mort? En adoptant une perspective comparatiste, cet article cherche à apporter une réponse à ces questions en établissant des passerelles entre les littératures d’Orient et d’Occident, illustrant que, malgré des contrastes culturels marqués, des convergences profondes apparaissent entre ces visions du monde a priori éloignées.

 

Perspectives historiques de la recherche

Cette étude vise à combler une lacune dans la recherche, en proposant une analyse comparative approfondie des œuvres de Baudelaire, Les Fleurs du Mal (2003), et de Rûmî, Mathnavi (1992), qui ont souvent été étudiées séparément, sans mise en perspective interculturelle. L’objectif étant d’examiner comment la poésie de ces auteurs peut à la fois exprimer une souffrance existentielle marquée chez Baudelaire, et une quête spirituelle extatique chez Rûmî. En raison des limites de cette recherche, les travaux abordant la mort comme thématique centrale ne sont pas tous mentionnés, bien que certains apportent des éclairages importants: SharifNasab, dans «Le conte de l’âme: La dichotomie entre la vie et la mort d'après Mowlânâ» (2007), met en évidence le rôle fondamental de la mort dans la pensée de Rûmî, distinguant une mort universelle — passage incontournable pour tous les êtres vivants — et une mort spirituelle, conçue comme une libération permettant d’atteindre la communion divine. À travers son article «Mowlânâ et sa conception de la Mort» (2012), Mohseni prolonge cette vision de Rûmî, pour qui la mort n’est pas une fin en soi, mais une métamorphose intérieure. Cette conception rejoint celle du philosophe Heidegger, telle qu’elle est analysée au sein de l’étude comparative d’Akbarzadeh et ses collègues intitulée «Analyse comparative de la conception de la mort et son rapport avec le sens de la vie selon les visions de Rûmî et de Heidegger» (2014), selon laquelle, la vision mystique de Rûmî valorise la mort spirituelle comme un processus d’élévation morale et spirituelle.

Dans leur étude intitulée «Analyse des thèmes poétiques de Baudelaire selon la théorie psychanalytique de Freud» (2017), Karimi et FahimKalam explorent la figure de Charles Baudelaire, souvent perçu comme un poète mélancolique et en proie à des tourments intérieurs, en quête d’un idéal impossible à atteindre. Leur analyse, fondée sur la psychanalyse freudienne, cherche à mettre en lumière les origines psychologiques de son malaise et de sa souffrance. Dans une autre étude en «Analyse thématique de la mort dans les poèmes de Charles Baudelaire», Karimi et FahimKalam (2016) examinent la mort en tant que thème central dans la poésie de Baudelaire. Elle se concentre particulièrement sur le symbolisme présent dans Les Fleurs du Mal (2003). À travers cette analyse thématique, elle met en lumière les différents motifs poétiques associés à la mort et explore la manière dont Baudelaire conçoit et représente cette réalité dans son univers poétique. En parallèle, l’article de FahimKalam «Baudelaire et Sepehri, en quête du Paradis perdu» (2009), explore la quête de l'idéal spirituel chez Baudelaire et Sepehri, deux poètes issus de contextes culturels différents, mais animés par une même recherche de l'idéal et de la paix intérieure. Cette étude souligne des thèmes récurrents tels que l’imaginaire morbide, le voyage et la dimension mystique dans l’œuvre de ces deux poètes, en mettant l’accent sur les divergences majeures dans leur perception de la mort et de l’existence. Dans le cadre de sa recherche «L’angoisse, la tristesse et la thématique de la mort chez Abou Chabake et Baudelaire», Gheibi et Hazrati (2019) soulignent que leurs œuvres partagent plusieurs thèmes majeurs du courant romantique, notamment la tristesse, la mélancolie et l’obsession de la mort. Cette proximité thématique s’explique par des expériences de vie similaires, qui les ont conduits à développer une vision pessimiste et amère de l’existence. En raison de l’absence de travaux comparatifs consacrés à Baudelaire et Rûmî, la présente analyse se propose, à travers une démarche réflexive et comparative, d’ouvrir de nouvelles perspectives d’interprétation et de nourrir une réflexion interculturelle sur la représentation poétique de la mort chez ces deux figures majeures de la littérature universelle. Ce travail entend ainsi poser les jalons de recherches postérieures autour de cette thématique intemporelle.

 

Cadre théorique de la recherche

Le cadre théorique de cette étude repose sur une approche comparatiste qui articule les outils de la littérature comparée et de la philosophie spirituelle. Cette double perspective permet une analyse approfondie des conceptions poétiques et métaphysiques de la mort chez deux figures majeures de la littérature mondiale: Charles Baudelaire et Jalâl ad-Dîn Rûmî. L’objectif est d’examiner la manière dont chacun d’eux donne sens à l’expérience de la finitude humaine à travers ses propres repères culturels, esthétiques et spirituels. Chez Baudelaire, poète emblématique du XIXe siècle, la mort est une présence obsédante, à la fois redoutée et fascinante. Son œuvre, marquée par l’influence du symbolisme naissant, s’inscrit dans une modernité angoissée où la mort devient le miroir du spleen existentiel. À travers des images de corruption, de décomposition, ou encore d’aspiration vers un au-delà trouble, Baudelaire exprime une vision profondément tourmentée et ambiguë de la mort. Elle incarne à la fois la promesse d’un repos tant désiré et la hantise de l’inconnu. Ainsi, la mort chez Baudelaire n’est jamais neutre: elle est le théâtre d’un conflit intérieur entre le désir de s’évader de la souffrance du monde et la peur du néant.

À l’opposé, Rûmî, grand mystique du XIIIe siècle et poète soufi, envisage la mort dans une perspective radicalement différente. Dans la tradition spirituelle de l’Islam soufi, la mort n’est pas une fin mais une transformation — un retour de l’âme vers sa source originelle, l’unité divine. Pour Rûmî, mourir, c’est s’éveiller à la réalité ultime, se libérer des illusions du monde matériel pour rejoindre l’Essence. La mort devient alors un motif de réjouissance mystique, un mariage spirituel entre l’âme et l’Absolu.
À travers ses poèmes, Rûmî insuffle une énergie de transcendance, où la mort est non seulement acceptée, mais célébrée comme une étape sacrée dans le cheminement vers Dieu. Cette opposition de visions révèle deux attitudes poétiques et philosophiques face à la mort, deux manières d’envisager la finitude humaine. L’une, occidentale et moderne, marquée par le doute, le malaise et la quête d’un sens dans un monde désenchanté; l’autre, orientale et mystique, illuminée par une foi en l’au-delà et une confiance dans l’unité cosmique. En mettant en parallèle les textes des deux auteurs, cette analyse propose une lecture à la fois thématique et symbolique de leurs œuvres respectives, en tenant compte des contextes culturels, spirituels et philosophiques qui les ont nourris.

 

Les Visages de la Mort chez Baudelaire: La mort dans l’univers poétique Baudelairien s’articule autour de plusieurs dimensions fondamentales, qui en révèlent la richesse symbolique et la complexité existentielle:

 

Entre mystère, transgression et quête spirituelle

Chez Baudelaire, la mort constitue un thème omniprésent, empreint de mystère et de tension. A travers «Le Voyage», il la perçoit à la fois comme une délivrance et une condamnation, un passage vers l’inconnu et un rappel implacable de la finitude humaine. Baudelaire transgresse les valeurs traditionnelles en associant le Beau et le Laid, confrontant dans «Une Charogne» le lecteur à une vision troublante de la décomposition du corps et souligne l’éphémérité de la vie et la vanité de la chair: «Oui! Telle vous serez, ô la reine des grâces, Après les derniers sacrements, Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses, Moisir parmi les ossements» (Baudelaire, 2003, p. 50). La représentation de la mort dans Les Fleurs du Mal (2003) est profondément ancrée dans l’expérience personnelle de l’auteur, reflétant une relation complexe avec la foi, partagée entre rejet et fascination. Cette dualité transparaît notamment dans «Les Litanies de Satan», où Baudelaire exprime à la fois son refus des dogmes religieux et sa ralliement au Satan:
«Ô Satan, prends pitié de ma longue misère! Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines, Guérisseur familier des angoisses humaines» (Baudelaire, 2003, p. 167). Par là, Baudelaire renverse les codes religieux classiques, présentant Satan comme une figure de révolte, de savoir et de compassion envers les marginaux. Il ne s’agit pourtant pas d’une adhésion au culte satanique, mais plutôt d’une exploration du concept d’une force extérieure incarnant le mal. Son rejet des dogmes religieux se manifeste également dans «Abel et Caïn», où il représente les hommes révoltés contre l’ordre divin, mus par l’ambition et la transgression: «Race de Caïn, au Ciel monte, Et sur la terre jette Dieu!» (Baudelaire, 2003, p. 166). Cette vision peut être interprétée comme un rejet de la soumission religieuse et une exaltation de la liberté et de la force créatrice humaine, illustrant ainsi la quête existentielle et esthétique qui traverse l’ensemble de son œuvre.

 

Entre fascination, délivrance et quête métaphysique

Dans Les Fleurs du Mal (2003), Baudelaire donne à la mort une présence persistante et troublante, flottant entre une source de peur, un objet de fascination et une quête de soulagement. Il la conçoit fréquemment comme un moyen d’évasion face à l’angoisse existentielle, tout en insistant sur son inévitable omniprésence. Ainsi, dans «Remords posthume», il dépasse la perception conventionnelle de la mort pour en faire une notion à la fois spirituelle et poétique. Le tombeau ne se réduit pas à un simple lieu de repos, mais devient un espace doté d’une compréhension profonde, accueillant les pensées du poète. Il apparaît comme un sanctuaire métaphysique où l’âme du créateur peut enfin entendre l’écho de ses tourments et de ses aspirations. «Remords posthume» fait du tombeau un confident car le tombeau toujours comprendra le poète (Charnet, 1991, p. 68). Le poète associe également la mort à un soulagement des souffrances humaines: «(…) la mort lui a toujours semblé le seul remède qui pût le délivrer de ses misères» (Pia, 1995, p. 19). À travers «Le Mort Joyeux», il la décrit comme un choix apaisant, voire un sommeil libérateur, exprimant une certaine sérénité, et même une forme de satisfaction à l’idée de sa propre disparition. Il y voit une délivrance face aux afflictions de la vie, affirmant: «Dans une terre grasse et pleine d'escargots, Je veux creuser moi-même une fosse profonde, Où je puisse à loisir étaler mes vieux os, Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde» (Baudelaire, 2003, p. 104). La mort incarne l’espoir aussi bien dans «La Mort des Artistes» que dans «La Mort des Pauvres»: «C'est la mort qui console, hélas! Et qui fait vivre; C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir» (Baudelaire, 2003, p. 170).

 

Entre mysticisme, subversion et quête d’absolu

Baudelaire associe parfois la mort à une spiritualité inversée, en la transformant en un passage mystique vers une union transcendante. Dans «La Mort des Amants», il la présente comme une transition apaisée, presque romantique, où les amants accèdent à une harmonie éternelle dans l’Au-delà: «Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères, Des divans profonds comme des tombeaux, Et d’étranges fleurs sur des étagères, Écloses pour nous sous des cieux plus beaux» (Baudelaire, 2003, p. 169). Par l’usage du comparatif «plus», Baudelaire suggère une insatisfaction envers le monde terrestre et l’existence d’un monde supérieur, renforçant l’idée que la mort est une porte vers une dimension spirituelle plus lumineuse. Dans «Les Litanies de Satan», Baudelaire compose une prière provocante en s’adressant à Satan, qu’il décrit comme: «Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges, Dieu trahi par le sort et privé de louanges» (Baudelaire, 2003, p. 167). Ce poème détourne les codes religieux traditionnels en consacrant une invocation à Satan, présenté comme une figure de révolte, de connaissance et de compassion envers les exclus. Baudelaire ne célèbre pas Satan à proprement parler, mais explore la notion d’une force extérieure incarnant le mal et la subversion de l’ordre établi.

Cette thématique, ancrée dans son rapport ambivalent à la religion, hésite entre dénégation et attestation: «S'il paraît difficile de faire de Baudelaire un athée, tant son œuvre est imprégnée d'une compassion humaine proche de la charité chrétienne, il n'est pas possible pour autant d'en faire un catholique convaincu» (De Scitivaux, 2001, p. 230). Le poème a suscité une controverse notamment lors du procès des Fleurs du Mal (2003), certains l’accusant d’être contraire à la morale religieuse. Baudelaire précise cependant qu’il ne fait pas allégeance à Satan, mais exprime sa révolte face aux dogmes religieux. Il souligne cette ambiguïté dans l’invocation suivante:
«Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!ô toi qui de la Mort, ta vieille amante, Engendrera l'Espérance, une folle charmante» (Baudelaire, 2003, p. 167). Ce vers de Baudelaire met en évidence la tension entre la mort et l’espérance, deux notions opposées mais étroitement liées. La mort, personnifiée comme une amante souveraine, incarne l’inévitable, tandis que l’Espérance naît paradoxalement de cette finitude. Qualifiée de «folle charmante», elle séduit mais reste empreinte d’illusion. Cette opposition reflète la complexité du rapport baudelairien à la condition humaine, entre angoisse et quête de sens. Ainsi, «Les Litanies de Satan» dépasse la simple provocation et s’inscrit dans une réflexion plus profonde sur la condition humaine, la souffrance et la tension entre sacré et profane.

Entre angoisse, mystère et quête d'élévation

Le poète ne cherche pas systématiquement à offrir une promesse de réconfort ou de rédemption, mais plutôt à explorer la fragilité de l’existence humaine et l’inévitabilité du destin. Baudelaire, à travers son œuvre, exprime une profonde inquiétude face à la mort, alternant entre un magnétisme quasi mystique et une angoisse existentielle: «Le goût esthétique de Baudelaire, le dirige vers une certaine peinture romantique: celle qui à travers le pittoresque des scènes médiévales ou des ruines, représente une nature violente, inhospitalière, hantée par la mort et l'angoisse» (Beyzavi et Salehi Fard, 2010, p. 28). Dans Les Fleurs du Mal (2003), cette ambivalence se retrouve dans plusieurs poèmes, où la mort est à la fois perçue comme une délivrance et une source d’effroi en raison de son insondable mystère. Baudelaire la conçoit tantôt comme une promesse de repos et un remède aux tourments terrestres, tantôt comme une énigme dont l’opacité suscite un malaise profond. Cette ambivalence est particulièrement perceptible dans «Le Rêve d’un Curieux», où l’aspiration à une vérité ultime se heurte à une révélation décevante, marquée par le silence et l’absence de réponses transcendantes: «J'étais comme l'enfant avide du spectacle, Haïssant le rideau comme on hait un obstacle… Enfin la vérité froide se révéla» (Baudelaire, 2003, p. 173). Cette expression illustre de manière éloquente la dichotomie entre l’illusion et la réalité. Elle met en évidence l’anticipation enthousiaste suscitée par l’attente d’un événement ou d’une révélation, laquelle conduit souvent à une idéalisation de ce qui demeure voilé. Toutefois, lorsque la vérité éclate, elle s’avère généralement moins grandiose ou enchanteresse que l’on ne l’avait envisagée. Ainsi, son rapport à la mort est structuré par une tension constante entre une quête d’élévation spirituelle et la confrontation inéluctable au néant. La mort, loin d’être seulement une fin, s’impose comme un passage vers l’inconnu, à la fois engageant et inquiétant. «Associée à l'inconnu, la mort n'est plus un objet de certitude, mais de nouveau un espoir, une promesse, peut-être un pari» (De Scitivaux, 2001, p. 283) «C'est la gloire des dieux, c'est le grenier mystique, C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique, C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus!» (Baudelaire, 2003, p. 170). La mort y est décrite comme un ascenseur vers une dimension supérieure, une majesté semblable à celle des dieux. Elle représente un havre de paix, un refuge pour l'âme. Elle est aussi un seuil vers l'inexploré, un passage vers un univers énigmatique offrant une possible délivrance.

 

La quête de vérité et le vertige du néant chez Baudelaire

«Le Rêve d’un Curieux», illustre le rapport compliqué de Baudelaire avec le trépas, et son ambivalence profonde face à l’Au-delà, où le désir de comprendre l’inconnu se heurte à une angoisse existentielle, oscillant entre l’aspiration à fuir la réalité et l’affrontement abrupt avec le vide existentiel: «Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse, plus allait se vidant le fatal sablier, Plus ma torture était âpre et délicieuse; Tout mon cœur s’arrachait au monde familier» (Baudelaire, 2003, p. 173). Cette tension révèle le doute fondamental du poète quant à la possibilité d’une délivrance après la mort, suggérant que celle-ci pourrait n’être qu’une continuité du malheur terrestre: «Et quoi! N’est-ce donc, que cela? La voile était levée et j’attendais encore» (Baudelaire, 2003, p. 173). Ce poème explore la magie et la crainte que suscite la mort, à travers l’image du spectateur avide de découvrir un mystère ultime: «J’étais comme l’enfant avide du spectacle, Haïssant le rideau comme on hait un obstacle… Enfin la vérité froide se révéla» (Baudelaire, 2003,
p. 173
). Le rêveur incarne ainsi un désir ardent de savoir, tout en redoutant que la vérité dévoilée soit décevante ou insaisissable. Le sommeil, cœur symbolique du poème, apparaît comme une métaphore de la mort, de la suspension du temps et de la soumission aux forces supérieures, transformant ainsi l’expérience onirique en une quête intérieure et métaphysique. Baudelaire, dans plusieurs de ses œuvres, approche la prière comme une invocation de sens et de sérénité, bien qu’elle soit souvent empreinte de désespoir. Ses conceptions de Dieu et de la religion s’inscrivent dans un cadre philosophique marqué par le pessimisme et le symbolisme de son époque, nourrissant ainsi une réflexion sur la vacuité des certitudes et l’angoisse du destin humain.

 

Symbolique Mortuaire chez Mowlânâ: La mort, au cœur de l’univers poétique de Mowlânâ, se décline en multiples facettes:

 

Un voyage spirituel vers l’éternité

Mowlânâ envisage la mort comme une transition spirituelle conduisant à une existence supérieure, plutôt qu’une fin définitive. Il la considère comme une étape essentielle de la vie, marquant le passage du monde matériel vers une dimension plus élevée. Selon lui, la mort représente un processus d’élévation de l’âme, une libération permettant de rejoindre l’Être Suprême dans une union joyeuse. Dans cette perspective, Mowlânâ affirme que seuls les mystiques parviennent à transcender les angoisses existentielles suscitées par la mort: «le mystique commence sa vraie vie, une vie éternelle qui n’admet point la vieillesse ni la mort» (GhalehTaki, 2012, p. 23), ils perçoivent celle-ci non pas comme une dissolution totale, mais comme une séparation du corps matériel, tandis que l’essence spirituelle demeure intacte. Il encourage ainsi: «une mort spirituelle volontaire, qui permet à l’individu de se purifier et d’embrasser pleinement la spiritualité dès cette vie, facilitant ainsi l’accès à l’éternité» (Rûmî, 1992, p. 201). Comparant l’existence terrestre à une prison, il envisage la mort comme une libération, analogue à celle d’un captif recouvrant sa liberté. L’âme, survivant à la disparition du corps, atteint son essence véritable et s’élève vers les sphères spirituelles. Cette conception trouve une illustration éloquente dans l’exemple de «Bilâl l’Abyssin, compagnon du prophète de l’Islam, qui accueillit la mort avec joie et sérénité, la percevant comme une réunion avec le prophète Mohammad et ses proches» (Rûmî, 1992,
p. 200
). Enfin, Mowlânâ illustre cette notion dans le Mathnavi (1992) à travers la métaphore de la flûte, symbole de l’être humain aspirant à retrouver son origine divine. Il conçoit la mort comme un retour à l’éternité, une délivrance spirituelle à accueillir avec enthousiasme, insistant ainsi sur la nécessité de s’y préparer tel un voyage vers la source originelle.

 

Une renaissance spirituelle vers l’éternité

À travers son Mathnavi (1992), Mowlânâ explore l’idée selon laquelle la vie se poursuit après la mort. Il approfondit cette perspective à la page 29 de Fīhi mā fīhi (Le Livre du dedans) (1943): «Imam Ali, paix sur lui, dit : Si le voile était levé, ma certitude ne ferait qu’augmenter», soulignant ainsi la foi inébranlable du mystique en l’Au-delà, et une réintégration de l’être dans son essence véritable, en présence de Dieu. Dans son poème «La mort est une naissance», il assimile la disparition physique à une renaissance dans un monde plus vaste, baigné de lumière et de plénitude: «S’inspirant du Saint Coran (1989), Mowlânâ cite une partie de la Sourate Yâ-Sîn, verset 53: «(...) et ils comparaîtront tous devant Nous», pour affirmer l’existence certaine d’une vie après la mort: «Si la mort était synonyme d'une annihilation totale et complète, le Seigneur n'aurait pas employé le terme comparaître dans ce verset» (Rûmî, 1992, p. 5). En désaccord avec les conceptions habituelles qui associent la mort à la peur et à l’angoisse, Mowlânâ la présente comme une renaissance, une libération de l’âme et une transformation inévitable de l’existence: Son appel mystique: «Mourrez avant de mourir» met en lumière la portée d’une mort volontaire, conçue comme une étape essentielle vers la lumière, la sérénité intérieure et l’accomplissement spirituel» (SharifNasab, 2007, p. 453). Il soutient que sans la mort, l’existence terrestre perdrait son sens, sa finalité et sa valeur intrinsèque.

 

Un effacement de l’ego pour une renaissance spirituelle

Mowlânâ, profondément imprégné du soufisme, met au cœur de son enseignement l’amour divin et la quête spirituelle: «Il souligne l’importance de la mort de l’ego avant la mort physique, introduisant ainsi la notion de la mort volontaire comme prélude à une renaissance spirituelle et à l’union avec le divin» (Akbarzadeh et al., 2014, p. 1). Cette transformation se réalise notamment grâce à des pratiques telles que la méditation et la danse extatique. Pour donner corps à cette conception, il fait appel à des métaphores frappantes, comme celle de la grenade ouverte ou de la coquille de noix fissurée, symbolisant la libération de l’âme: «Quelle peur d'être déshonorée aurait une noix à se fendre alors qu'elle contient un noyau bien formé?» (Mohseni, 2012, p. 132). Il exploite également d’autres allégories pour exprimer cette idée, notamment à travers «le conte du Marchand et du Perroquet» dans le premier livre de Mathnavi (1992, pp. 1751-1758). Le geste du Marchand, qui jette le perroquet hors de la cage, symbolise l’acte de renoncement au monde matériel; son envol, quant à lui, illustre l’ascension de l’âme vers des sphères spirituelles supérieures et sa communion avec le divin. Cette pensée trouve un écho dans Le Livre du dedans (1943, pp. 24-25), où Mowlânâ affirme: «Avec Seigneur, il ne peut y avoir deux Moi». Il met ainsi en lumière le paradoxe de l’existence individuelle confrontée à la présence divine. Selon lui «l’homme doit s’effacer pour que Dieu puisse pleinement se manifester» (Mohseni, 2012, p. 139). La véritable transcendance s’accomplit donc dans le renoncement au soi, par une dissolution de l’ego qui mène à l’union spirituelle et à la révélation du divin.

 

Le symbolisme de la mort dans la tradition soufie chez Mowlânâ: une révélation spirituelle

La poésie soufie véhicule des vérités spirituelles profondes à travers des symboles puissants et évocateurs. Mowlânâ emploie des métaphores telles que le vin pour représenter l’amour divin, la flamme pour incarner la passion spirituelle et l’oiseau pour illustrer l’âme aspirant à la liberté. Il associe également la lumière à la vérité et perçoit la danse des Derviches (Sama) comme une élévation de l’âme vers le divin. Dans cette perspective, la mort ne constitue pas une tragédie, mais un acte sacré révélateur de la sincérité des croyants. Elle peut néanmoins être source de déshonneur, comme il l’exprime dans son allégorie: «Un monde exempt de mort ressemble à un marché où il est difficile de différencier les véritables pièces d'or des contrefaçons. Les pièces sont échangées, et ce sont les changeurs et experts qui reconnaissent les vraies pièces d'or des feintes, dénonçant ainsi les fraudeurs» (Rûmî, 1992, p. 377). À travers ses vers et ses symboles poétiques, Mowlânâ propose une réflexion profonde sur la mort, la concevant comme un passage spirituel permettant de dévoiler la véritable nature de l’existence.

 

Baudelaire et Mowlânâ: visions croisées de la mort, entre angoisse et élévation spirituelle

Mowlânâ propose une vision de la mort qui dépasse la simple appréhension du néant, il la perçoit comme un miroir révélant la véritable essence de l’individu, libérée des illusions du monde matériel. Selon lui, la peur de la mort n’est en réalité que la crainte de se confronter à son propre être intérieur. Ainsi, l’expérience de la mort dépend de l’état spirituel de chacun: plus l’âme est purifiée, plus cette transition est vécue comme une révélation plutôt qu’une séparation. C’est une invitation à dépasser les apparences et à embrasser la réalité profonde de l’existence. «Mowlânâ établit une distinction entre deux formes de sagesse: l’une incomplète, limitée par l’intellect humain, et l’autre absolue, illuminée par la foi et la Révélation. Selon lui, ceux qui ne possèdent qu’une sagesse imparfaite redoutent la mort, tandis que ceux qui détiennent la sagesse parfaite (197/2), telle que décrite dans le Noble Coran (1989), l’accueillent sans crainte» (Mohseni, 2012, p. 131). Dans cette perspective: «Mowlânâ considérait la mort non pas comme une fin tragique, mais comme une union joyeuse avec l’éternité. Il désirait que ses funérailles se déroulent comme un moment de célébration, rythmé par la danse et la musique» (SharifNasab, 2007, p. 462); témoignant ainsi de son idéal d’élévation spirituelle et de communion avec le divin. Mowlânâ percevait la danse des Derviches Tourneurs (Sama) comme une manifestation de l’ascension spirituelle, une voie vers l’extase permettant de dépasser les frontières du monde visible. Pour lui, le mouvement circulaire des Derviches symbolisait l’harmonie cosmique, le détachement du soi et l’intégration dans la grande unité de l’univers. Cette vision embrassait jusqu’à sa propre mort, perçue non comme une fin, mais comme un accomplissement: «Lors de ses funérailles, une variété d'instruments de musique, tels que des trompettes, des flûtes, des tambourins et des violes, a été utilisée, accompagnée par le chant joyeux d'un grand nombre de participants» (SharifiNasab, 2007, p. 462). Selon ses vœux, «il était préférable que chacun, au sein de cette procession, se lamente sur sa propre existence plutôt que sur celle du défunt» (Rûmî, 1992,
p. 318
) insistant ainsi sur l’idée que la mort doit être accueillie comme une transformation spirituelle et non comme une perte tragique. Il en va de même pour Baudelaire qui exprime une vision comparable dans son poème «Le Mort Joyeux»: «Je hais les testaments et je hais les tombeaux, Plutôt que d’emporter une larme du monde, Vivant, j’aimerais mieux inviter les corbeaux, A signer tous les bouts de ma carcasse immonde» (Baudelaire, 2003, p. 104). L’auteur exprime par là son opposition marquée à l’égard des testaments et des sépultures, qu’il considère comme des instruments de pérennisation du souvenir et de la transmission posthume. Par ce rejet, il semble refuser toute forme de lien avec le monde après sa disparition, ne recherchant ni compassion ni manifestations de tristesse à son égard. Il privilégie une mort libérée de toute cérémonie humaine, laissant son corps à l’action implacable des éléments naturels et aux animaux nécrophages.

En définitive,  Baudelaire considère la mort sous un angle esthétique et troublant, oscillant entre fascination morbide et rejet de l’existence, sublimant la décomposition tout en exprimant une angoisse profonde. À l’inverse, Mowlânâ la perçoit comme une transition spirituelle menant à l’élévation mystique, un processus de libération menant à la lumière divine. Malgré leurs visions opposées, ils s’accordent sur son rôle fondamental dans l’existence, qu’elle soit chute tragique ou ascension vers la Vérité. Ces divergences s’expliquent par leurs contextes philosophiques: Baudelaire, marqué par le pessimisme du XIXe siècle, exprime une vision angoissée et révoltée de la mort, alors que Mowlânâ, enraciné dans le soufisme, l’envisage sereinement comme un passage vers l’éternité.

 

Conclusion

Cette étude met en lumière le lien étroit entre la perception de la vie et l’appréhension de la mort chez Baudelaire et Mowlânâ. Baudelaire, marqué par une modernité tourmentée, voit la mort comme une obsession douloureuse, reflet de son désespoir et de sa rupture avec le divin. A l’inverse, Mowlânâ, poète de l’élévation spirituelle, la considère comme une délivrance lumineuse et joyeuse. Leur confrontation poétique instaure un dialogue profond entre une rationalité occidentale en crise et une quête mystique orientale de plénitude. Au-delà de ces divergences, leurs œuvres soulignent que la mort dépasse sa simple dimension biologique pour devenir un miroir de la condition humaine. Malgré la distance temporelle et culturelle qui les sépare, Baudelaire et Mowlânâ partagent une fascination commune pour la mort, bien que leurs perspectives divergent. Baudelaire l’interroge sous un prisme tragique et ambigu, exprimant une quête de salut souvent désespérée, tandis que Mowlânâ la célèbre comme une union extatique avec le divin, empreinte de sérénité et de lumière. Cette opposition féconde enrichit la compréhension de la mort comme thème littéraire universel, façonné par les croyances philosophiques et spirituelles propres à chaque culture. Leur dialogue poétique révèle que la mort peut être perçue comme une épreuve existentielle ou une ascension spirituelle. En somme, mettre en parallèle ces deux mondes poétiques offre l’opportunité non seulement d’explorer plus en profondeur leurs créations, mais aussi de mieux comprendre les liens entre deux vastes héritages culturels. Ce regard croisé participe à une réflexion universelle sur la condition humaine face à la mort et au divin, soulignant l’intemporalité de la poésie et sa résonance avec les sensibilités contemporaines.

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