Type de document : Original Article
Auteurs
1 Professeur, Département de Langue et Littérature Françaises, Faculté des Lettres et des Sciences humaines, Université Shahid Beheshti, Téhéran, Iran
2 Département de Langue et Littérature Françaises, Faculté des Lettres et des Sciences humaines, Université Shahid Beheshti, Téhéran, Iran
Résumé
Mots clés
Sujets principaux
La place des mots et les relations entre les éléments de la phrase déterminent leur fonction linguistique. En effet, les relations entre les composantes d'une phrase influencent la formation du sens et le sens de chacun engendre la perception de l’énoncé auprès du lecteur ou du traducteur. Pour bien transmettre le sens de l’énoncé, le traducteur devrait choisir les équivalents qui correspondent chacun au vrai sens des termes de l’énoncé source. Autrement dit, si les relations entre les éléments de l’énoncé cible concrétisent les mêmes fonctions qui existent dans l’énoncé source, la transmission du sens et la perception originaire a été effectuée. L’adverbe de temps fait partie des éléments du discours et donne certaines informations par rapport au temps de l’énonciation. Ces informations non seulement enrichissent la connaissance du lecteur, mais aussi elles influent parfois sur tout l’ordre de l’énoncé. Car les rapports entre les éléments suivent l’ordre de la phrase, dans laquelle chaque élément possède sa propre place. Imaginons un adverbe de temps qui existe facultativement dans une phrase, mais, le même adverbe obtient une fonction essentielle dans l’autre phrase et tout cela dépend de sa place et ses relations avec d’autres éléments de la phrase. À cet égard, la place du mot détermine en quelque sorte son statut linguistique. L’adverbe en tant que partie du discours enrichit le contenu de l’énoncé par rapport aux circonstances de la situation. Les adverbes de temps et ceux de lieu font partie de la concrétisation de l’acte de l’énoncé. Dans cette recherche nous essayons de nous concentrer sur les adverbes de temps qui donnent les informations occasionnellement nécessaires sur le temps. En fait, certaines informations temporelles n’ont rien à voir avec le déroulement de l’action principale de l’énoncé, c’est-à-dire que ce soit hier ou avant-hier l’action de l’énoncé se passe indépendamment. D’ailleurs, la présence de certains adverbes de temps est essentielle pour accomplir la situation d’énonciation.
En premier lieu, nous catégorisons généralement les adverbes de temps parmi les compléments circonstanciels de temps. Mais, est-ce la fonction permanente de l’adverbe de temps? Comment peut-on lui rapporter d’autres fonctions linguistiques lorsqu’il change de place ou de rapport avec d’autres éléments de la phrase? Et, comment la variété des fonctions influe-t-elle sur la traduction persane?
Notre hypothèse s’est basée dans cette affirmation linguistique que selon le sens dérivé de l’adverbe, il assume telle ou telle fonction. Et, le traducteur en prêtant attention au sens originaire arrive à bien le transmettre en langue cible.
Afin de fouiller de différentes fonctions possibles pour l’adverbe de temps, on s’adresse aux sources de référence valables et assez complètes de la grammaire française. Ensuite, on présente de différents adverbes de temps dans les énoncés tirés des œuvres littéraires variées pour les comparer avec leur traduction en persan. Dans cette étude contrastive nous avons l’intention de découvrir si les différentes fonctions des adverbes temporels possèdent les mêmes concrétisations en traduction persane ou non. Le but de cette étude traductologique est de confronter les éléments et les règles linguistiques des deux langues différentes pour percevoir s’il existe des contradictions verbales, celles-ci trouvent leur origine dans les désaccords langagiers ou bien dans un certain malentendu sémantique.
Revue de littérature
Une étude contrastive français-persan concernant la découverte du phénomène polyfonctionnel des adverbes de temps n’est pas encore effectuée selon nos recherches. Cependant, les études ci-dessous abordent les sujets les plus proches de notre recherche.
Dans une thèse intitulée «Usage descriptif est usage interprétatif des temps du passé et des adverbes temporels dans le discours fiction» (Tahara, 2004) le rapport temporel entre l’adverbe temporel et l’interprétation d’un énoncé a été fouillé. Dans l’article intitulé «La polyvalence de l’adverbe "maintenant"» (Bertocchi, 2003), la valeur polyfonctionnelle de l’adverbe «maintenant» dans l’œuvre de Le Clézio a été analysée; dans sa recherche l’adverbe «maintenant» est considéré comme l’un des outils de «la dénarrativisation» (Bertocchi, 2003) de l’œuvre de Le Clézio. Mais, dans l’article «Observation sur l’ordre sujet-adverbe de temps-verbe dans le roman français contemporain» (Aune, 2004) l’adverbe de temps a été considéré comme l’un des trois éléments de la phrase. Dans «Les adverbes de référence dans la phrase et dans le texte» (Borillo, 1983), selon l’auteur l’adverbe temporel est un élément par lequel on peut «reprendre une expression» (Borillo, 1983).
Les adverbes de temps comme le sujet d’une étude contrastive français-russe existe dans «Uže, adverbe de temps et particule énonciative russe» (Bottineau et Kholodova, 2023).
Le sujet de l’article intitulé «Mental Representations of Persian and English Absolute and Relative Tenses: A Contrastive-Psycholinguistic Approach» (Mehrabi et Mahmoodi-Bakhtiari, 2021), concerne l’étude du temps grammatical en persan et en anglais, mais c’est le temps verbal qui est l’objet principal de leur étude.
Cadre théorique
Dans cette recherche, selon les sources grammaticales notamment Grammaire méthodique du français, Le petit Grevisse et La grande grammaire du français, nous tentons de recourir aux notions qui permettent à un mot d'avoir plusieurs rôles.
Adverbes polyfonctionnels
Selon la Grammaire méthodique du français, c’est le caractère polyfonctionnel des adverbes qui engendre une distinction nette entre la catégorie adverbiale et d’autres catégories grammaticales:
«En fait la perversité catégorielle des adverbes réside moins dans la variabilité de leur forme (invariables, ils ne changent de forme qu’en cas de liaison ou d’élision, et morphologiquement leur formation n’est pas plus diversifiée que celles des autres catégories grammaticales) que dans leur polyfonctionnalité. Ainsi associe-t-on souvent au critère de l’invariabilité assortie d’une restriction qui n’a rien d’opératoire deux autres critères: leur caractère généralement facultatif et leur dépendance syntaxique par rapport à un autre élément de la phrase ou de la phrase elle-même.» (Riegel et al., 2009, p. 646)
Le caractère polyfonctionnel de l’adverbe amène à nous demander si l’on peut aussi lui rapporter un caractère polysémique. Pour répondre à cette question il nous faut d’abord étudier ce que signifie la polysémie.
Polysémie
Selon Schott-Bourget, la polysémie est en rapport avec «l’étude diachronique d’un mot» (2001, p. 29), ce qui «permet de mieux comprendre sa polysémie qui n’est que de surface, tous les sens s’expliquant les uns par rapport aux autres et découlant généralement du sens premier.» (Schott-Bourget, 2001, p. 29) C’est à travers l’exemple du mot «tête» que l’auteur a illustré une situation polysémique: «Dans le Petit Robert, trois colonnes lui sont consacrées. Mais tous les sens de ce mot dérivent du premier: extrémité antérieure ou supérieure d’un être animé. Par métaphore, cette définition peut s’appliquer à un objet.» (Schott-Bourget, 2001, p. 29) D’après cette citation, c’est le premier sens du mot qui détermine plus ou moins son champ sémantique. D’ailleurs, Touratier en donnant l’exemple du mot «chaise» et ses sens tirés du Nouveau Petit Robert, justifie que «Les mots de la langue courante sont quasiment tous polysémique.» (Touratier, 2010, p. 114) Selon lui, «seuls les lexèmes techniques ou savant, et encore pas toujours, ont une chance d’être véritablement monosémique, par exemple azote, céphalée, corner, […] etc.» (Touratier, 2010, p. 115) Robert Martin distingue «la polysémie étroite» de «la polysémie lâche». D’une part, selon lui la polysémie étroite renvoie à «la combinaison de l’effacement et de l’addition de sèmes spécifique (c’est-à-dire la substitution de sèmes) en même temps que ce qu’il appelle "l’identité des archisémèmes"» (Touratier, 2010, p. 120). Pour illustrer cette sorte de polysémie étroite, Robert Martin «donne comme exemple deux des quatre sens que le Dictionnaire du français contemporain reconnaît au mot rayon» (Touratier, 2010, p. 120). Le premier sens du rayon est en rapport à «un centre lumineux» (Touratier, 2010, p. 120) dans «Les rayons du soleil, de la lune. Le rayon d’un phare. (d’après DFC)» (Touratier, 2010, p. 120) Alors que le deuxième sens est en rapport au «centre d’un cercle à un point quelconque de la circonférence » (Touratier, 2010, p. 120) dans l’autre signification du rayon dans le Dictionnaire du français contemporain: «Le rayon est égal à la moitié du diamètre.» (Touratier, 2010, p. 120) D’après Robert Martin les deux caractéristiques envisagées du mot rayon «distingue ce type de polysémie de la restriction de sens, où il n’y a qu’adjonction de trait sémique, et de la métonymie, où il y a manifestement adjonction au sémème de traits sémiques entraînant un changement de dénotation.» (Touratier, 2010, p. 120) D’autre part, Robert Martin appelle la polysémie «lâche» ce qui possède les trois caractéristiques suivantes: «deux sens ne présentent qu’un seul sème spécifique commun; leurs archisémèmes sont différentes: il y a substitution de sèmes spécifiques.» (Touratier, 2010, p. 122) Robert Martin donne l’exemple du mot plateau et ses significations tirées du Nouveau Petit Robert: «1) Plateau de bois, d’argent. Plateau de garçon de café, de serveur. 2) Plateau calcaire. Région de hauts plateaux.» (Touratier, 2010,
p. 122) Martin explique que la première signification évoque un «support» destiné à «poser et à transporter des objets» (Touratier, 2010, p. 122). Mais, la deuxième signification exprime les sèmes: «étendu de pays», «assez plat» et «dominant les environs» (Touratier, 2010, p. 122). Donc, il existe «un seul spécifique en commun» (Touratier, 2010, p. 122) entre les deux significations, c’est la première caractéristique d’une polysémie lâche. D’autres caractéristiques résident dans cette vérité que «leurs noyaux sémiques […] sont différents.» (Touratier, 2010, p. 122) Donc, la différence entre «la polysémie étroite» et «la polysémie lâche» est en rapport à la deuxième caractéristique de cette polysémie qui est «large» (Touratier, 2010, p. 123). En d’autres termes, «la polysémie large est donc très proche de l’homonymie.» (Touratier, 2010, p. 123)
Donc, selon ces explications, l’adverbe peut aussi faire partie des mots polysémiques comme beaucoup d’autres mots, car «Les mots de la langue courante sont quasiment tous polysémique.» (Touratier, 2010, p. 114). Mais, la variété des sèmes d’un adverbe temporel est-elle à l'origine de la variation de ses fonctions dans différentes phrases? Selon les explications suivantes, les fonctions différentes d’un adverbe polyfonctionnel ne sont pas en rapport avec son unité sémantique, mais avec sa place et ses relations avec d’autres éléments de la phrase.
Caractère polyfonctionnel des adverbes temporels
Pour répondre aux questions qui constituent la principale motivation de cette recherche et qui ont été soulevées dans la problématique, en nous appuyant sur des données grammaticales, nous pourrons distinguer les différents types de fonctions des adverbes de temps. Premièrement, selon les grammairiens de la Grammaire méthodique du français, la fonction explicative a été nommée. Il nous faut ensuite déterminer si la présence de l'adverbe de temps dans la phrase est facultative ou obligatoire. C'est en identifiant correctement sa fonction que nous trouverons la réponse à cette question.
Fonctionnement explicatif de l’adverbe selon la Grammaire méthodique du français
D’après les grammairiens de Grammaire méthodique du français, la fonction de l’adverbe se ressemble à celle de l’adjectif, mais on rapporte l’essence de l’adverbe au verbe, tandis que l’on attribue l’adjectif au nom:
«L’adverbe serait au verbe ce qui l’adjectif épithète est au nom (mourir lentement / une mort lente) ou bien partagerait le même statut que les compléments et les propositions circonstancielles (Demain/ après le repas/ quand il aura fini son travail, il partira – il partira demain/ après le repas/ quand il aura fini son travail).» (Riegel et al. 2009, p. 646)
De ce point de vue, l’adverbe ou un groupe nominal sous la fonction d’une locution adverbiale et même une proposition subordonnée de temps font tous partie d’une certaine explication par rapport au déroulement du verbe. En effet, puisque le verbe est considéré comme la base de la phrase, cette explication complémentaire prend souvent un caractère facultatif. Toutefois, selon Grevisse, puisque l’adverbe modifie le sens du verbe, il peut jouer un rôle considérable. En effet, selon lui l’adverbe a pour le but de «modifier le sens». (Grevisse, 2007, p. 212)
Outre la fonction de complément circonstanciel de temps, l’adverbial temporel peut également jouer d'autres fonctions qui nécessitent les circonstances de l'énoncé.
Fonctionnements optionnels et obligatoires de l’adverbe en langue française
Dans la plupart des cas la fonction des adverbes temporels est le «complément circonstanciel [de temps] par rapport au reste de la phrase» (Riegel et al., 2009, p. 648). D’ailleurs, nous pouvons même lui rapporter une fonction plus indépendante: «selon le noyau prédicatif» de certains adverbes, on peut les considérer comme «les équivalents d’une phrase ou d’une proposition» (Riegel et al., 2009, p. 648). Donc nous pouvons valoriser un seul adverbe temporel comme une phrase qui prédit une information nécessaire.
Au cas où l’adverbe ou la locution adverbiale de temps joue le rôle du « complément circonstanciel de temps» (Riegel et al., 2009, p. 648), est-ce que sa présence est-elle essentielle dans l’énoncé? Pour répondre à cette question, il faut signaler que «dans la plupart des cas, les adverbiaux de localisation temporelle sont optionnels et ont la fonction ajout.» (Abeillé et Godard, 2021, p. 1276) D’ailleurs, c’est le verbe qui détermine tel ou tel adverbial s’emploie facultativement ou obligatoirement: «Avec certains verbes, cependant, la présence des adverbiaux est obligatoire et ils sont alors analysé comme des compléments.» (Abeillé et Godard, 2021,
p. 1276) Dans les exemples suivants tirés de La grandes grammaire du français, l’on a essayé de distinguer la fonction complément circonstanciel de temps employé obligatoirement avec les verbes se tenir et avoir lieu de celle qui est ajout et s’emploie facultativement avec le verbe prévoir:
Dans La grande grammaire du français tous les syntagmes nominaux, prépositifs etc. peuvent aussi se considérer comme «l’adverbial» de temps selon leur sens qui partage une idée temporelle. L’emploi de l’adverbial temporel «le 16 octobre» est obligatoire dans la phrase «Notre prochaine réunion se tiendra le 16 octobre» (Abeillé et Godard, 2021, p. 1276), car le verbe se tenir a nécessairement besoin du complément circonstanciel de temps: et il en est de même dans «La réunion se tiendra deux jours après Noël» (Abeillé et Godard, 2021, p. 1276). Ainsi, le syntagme prépositionnel dans «La réunion a lieu dans deux semaines» (Abeillé et Godard, 2021, p. 1276) est aussi l’indicateur de localisation temporelle déictique ayant la fonction complément circonstanciel de temps d’une manière obligatoire. Car, le verbe avoir lieu sans complément circonstanciel de temps n’a pas de sens complet. Par contre, dans l’exemple «L’ouverture du magasin est prévue pour la deuxième semaine d’octobre 2007» comporte un syntagme prépositionnel indiquant le temps dont selon La grandes grammaire du français l’emploi est «ptionnel» (Abeillé et Godard, 2021, p. 1276). Nous pouvons chercher dans la connotation sémantique du verbe prévoir pour trouver la raison pour laquelle l’emploi de l’adverbial temporel paraît facultatif. Autrement dit, quand on n’ajoute pas l’information concernant le temps envisagé, le sens de la phrase est quasiment perceptible. Toutefois, l’adverbial temporel «pour la deuxième semaine d’octobre 2007» donne au lecteur une information supplémentaire.
Donc, le verbe de l’énoncé est l’un des déterminants selon lequel l’adverbe vient facultativement ou nécessairement. Mais pour trouver la nécessité de la présence d’un tel ou tel adverbe, il faudrait l’analyser dans l’énoncé et pas dans la phrase.
Phrase et l’énoncé; leur rapport avec les adverbiaux temporels
Les mots d’une phrase seront toujours abstraits s’ils n’arrivent pas au niveau de se concrétiser. Ce dernier permet aux mots d’entrer dans l’énoncé. «La phrase est une pure construction linguistique et théorique, prise isolément, pouvant se répéter à l’infini mais ne correspondant à aucune réalité.» (Schott-Bourget, 2001, p. 58) En fait, les mots de la phrase ne sont pas encore actualisés, car ils sont toujours placés dans un récipient virtuel: «La phrase appartient au domaine du virtuel.» (Schott-Bourget, 2001, p. 58). Une fois la phrase prononcée d’une manière contextuelle, elle change de forme et devient alors un énoncé: «Une phrase, dès qu’elle est prononcées dans un certain contexte […] et dans un certain co-texte […], devient un énoncé unique.» (Schott-Bourget, 2001, p. 58). Mais, quant à l’énonciation, il fallait signaler qu’elle renvoie à l’action d’énoncer. Autrement dit, «c’est prendre en compte l’acte et la manière d’énoncer mais aussi la situation (temps, lieu …) où elle se réalise et naturellement celui qui est à son origine, à savoir l’énonciateur.» (Schott-Bourget, 2001, p. 77) De cette façon, c’est à travers des indicateurs temporels et spatiaux que l’énoncé enrichit la connaissance du lecteur par rapport aux circonstances de l’énonciation, cela veut dire que les indicateurs temporels font partie de l’énonciation. Donc, nous pouvons faire une différence entre les deux classes adverbiales temporelles: l’adverbe temporel qui est en rapport avec le moment de l’énonciation et celui qui renvoie au contexte de l’énoncé.
Quant à l’énoncé du tableau n 1, c’est dans l’énoncé que le lecteur arrive à percevoir et à suivre la succession des deux adverbes temporels «hier» et «aujourd’hui», ce qui présente un enchaînement temporel entre les deux embrayeurs temporels. Sinon, quand on considère ces deux adverbes temporels dans une phrase, il ne s’agit que des éléments linguistiques abstraits. De cette façon, l’association des deux adverbes «hier» et «aujourd’hui» engendre une cohérence sémantique par une succession des repères temporels.
Tableau n° 1.
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la succession des deux embrayeurs temporels: hier → aujourd’hui |
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«Or, monsieur de Chessel n’a pas eu la marche rectiligne de l’homme fort: deux fois député, deux fois repoussé aux élections; hier directeur-général, aujourd’hui rien, pas même préfet, ses succès ou ses défaites ont gâté son caractère et lui ont donné l’âpreté de l’ambitieux invalide.» (Balzac, 1855, p. 84) |
«باری، آقای دوشسل در زندگی به خط مستقیم پیش نرفته بود دو بار نماینده شده و دو بار در انتخابات شکست خورده بود؛ دیروز مدیر کل بود و امروز هیچ چیز حتی فرماندار نبود و این موفقیت و شکست ها خوی او را تباه کرده خشونت خاص جاهطلبان عاجز را به او بخشیده بود.» |
Il en est de même au sein d’autres exemples suivants que nous avons l’intention de relever les adverbes polyfonctionnels. En effet, pour découvrir le statut d’un mot, il faudrait le considérer au sein d’un énoncé et pas d’une phrase.
Analyse et discussion
Adverbes temporels polyfonctionnels français en traduction persane
Vu les contradictions bien visibles entre la structure de la grammaire française et celle du persan, il est évident d’avoir des traductions bien variées. Cependant, dans la plupart des cas, malgré le changement syntaxique, le traducteur a essayé de transmettre le même sens du texte source. C’est le moment où l’on se demande quels sont les moyens d’expression par lesquels les deux expressions temporelles se ressemblent et par le biais de quels repères temporels la transmission traductionnelle se différencie l’une de l’autre. Afin d’étudier le choix du traducteur comme son équivalent, nous présentons les situations dans lesquelles, la fonction de l’expression temporelle n’est pas complément circonstanciel de temps, car ce dernier est le plus courant et moins prolixe au sein des traductions persanes. Notre corpus correspond alors aux ouvrages romanesques variés. Afin d’évoquer les variétés linguistiques concernant différents adverbiaux temporels, nous avons décidé de ne pas nous contenter des exemples trouvés au sein d’une seule œuvre. D’autant plus que le but de cette recherche n’est pas d’analyser un seul roman ou une œuvre littéraire, mais de découvrir de différentes fonctions possibles pour l’adverbe temporel en tant qu’élément linguistique.
Dans l’exemple littéraire ci-dessous, le syntagme nominal de temps «l’heure du café» fait partie des adverbiaux de temps et joue le rôle de complément d’attribution du verbe être. Tandis qu’il est par nature un adverbial de temps, il s’emploie obligatoirement dans cette proposition. Mais la totalité de cette proposition joue le rôle du complément circonstanciel de temps par rapport à la proposition principale: «pas une âme ne se montrait aux portes ni aux fenêtres» (Zola, 1906, p. 191). En outre, c’est la ponctuation de la traduction qui se différencie de celle du principal, car, dans l’énoncé français, les propositions se séparent l’une de l’autre par virgule, alors qu’en traduction, chaque proposition se termine par un point.
Tableau n° 2
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Fonction obligatoire de l’adverbial de temps: l’heure du café |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«[…], c’était l’heure du café, pas une âme ne se montrait aux portes ni aux fenêtres.» (Zola, 1906, p. 191) |
« ساعت قهوه فرا رسیده بود. بر هیچ در یا پشت هیچ پنجرهای احدی دیده نمیشد.» |
Au tableau suivant, la présence de l’adverbial nominal «Une heure» est nécessaire comme le sujet du verbe sonner. Sa traduction incarne aussi la même fonction du principal.
Tableau n° 3
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Fonction obligatoire de l’adverbial de temps: Une heure→ sujet |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«Une heure sonna, [...]. » (Zola, 1906, p. 191) |
« زنگ ساعت یک نواخته شد.» |
Dans la même mesure, dans l’exemple ci-dessous, l’adverbial «Cinq heures» s’emploie obligatoirement, car il possède la fonction de sujet dans la proposition principale.
Tableau n° 4
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Fonction obligatoire de l’adverbial de temps: Cinq heures → sujet |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«Cinq heures sonnaient, lorsque la Pierronne vint savoir si c’était avec Jeanlin que Lydie avait filé.» |
« زنگ ساعت پنج بلند شده بود که زن پییرون آمد ببیند آیا لیدی او با ژانلن بیرون رفته است.» |
Il en est de même à l’égard de sa traduction «زنگ ساعت پنج» qui joue le même rôle grammatical d’une façon obligatoire. Dans l’énoncé du tableau ci-dessus, la proposition «Cinq heures sonnaient» (Zola, 1906, p. 227) est une proposition principale et la proposition «lorsque la Pierronne vint savoir si c’était avec Jeanlin que Lydie avait filé» (Zola, 1906, pp. 227-228) est une proposition subordonnée de temps, car elle possède la conjonction «lorsque» qui fait partie des «mots subordonnants» (Grevisse, 2007, p. 248). Mais, la traduction «که» ne partage pas la même idée sémantique de «lorsque».
Ainsi, dans la situation suivante, l’adverbial de temps «Le printemps» joue le rôle de sujet, la même fonction existe aussi au sein de sa traduction persane:
Tableau n° 5
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Fonction obligatoire de l’adverbial de temps: Le printemps → sujet |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«Le printemps était venu.» |
«بهار فرا رسیده بود.» |
D’ailleurs, dans l’énoncé ci-dessous, l’adverbial temporel «le jour» sous la forme du syntagme nominal s’emploie en fonction de complément d’objet direct du verbe attendre. De même, le mot «بامداد» en traduction persane en tant qu’équivalent du «jour» joue le rôle de complément d’objet direct:
Tableau n° 6
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Fonction obligatoire de l’adverbial de temps: le jour → COD |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«Ces pommiers de nuit qui attendant le jour avec toutes leurs fleurs, des fleurs qui ne servent pas encore.» |
« درختهای سیب شب با تمامی شکوفههای خود که هنوز به کاری نمیآیند در انتظار بامدادند.» |
Dans l’énoncé du tableau ci-dessous, la présence des syntagmes nominaux «les jours» et «des mois» est obligatoire pour accomplir le sens des verbes succéder et s’écouler. On retrouve les mêmes fonctions dans la phrase traduite.
Tableau n° 7
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Fonction obligatoire de l’adverbial de temps : les jours/des mois |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«Et les jours succédaient aux jours, des semaines, des mois s’écoulèrent.» |
«و روزها پشت سر هم میگذشت و هفتهها و ماهها سپری میشد.» |
La présence de l’adverbial de temps de l’énoncé suivant est aussi obligatoire. La fonction de sujet pour l’adverbial «la nuit» en français et «شب» en persan se manifeste d’une manière implicite. Il s’agit d’un dialogue dans lequel pour annoncer rapidement un message urgent, on a éventuellement supprimé le «c’est» précédant «la nuit».
Tableau n° 8
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Fonction obligatoire de l’adverbial de temps : la nuit |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«- Attention, la nuit, hein! Il n’entendait pas le conseil de son camarade.» (Saint-Exupéry, 1931, p. 183) |
«- مواظب باش! شب است! میدانی هشدار رفیقش را نشنید.» |
L’énoncé sans élision du tableau ci-dessus pouvait être «C’est la nuit!», ce qui comporte le pronom ce comme le sujet apparent. Mais, le sujet réel concerne «la nuit».
Vu la formation lexicale de chaque entité, selon les auteurs de la Grammaire méthodique du français, «certains adverbes fonctionnent comme les équivalents d’une phrase ou d’une proposition» (Riegel et al. 2009, p. 648). De ce point de vue, même si l’on considère «la nuit» (Saint-Exupéry, 1931, p. 183) du tableau ci-dessus sans élision, ce mot peut équivaloir à une proposition prédicative de temps. Imaginons la situation suivante pour clarifier cette fonction qui semble un peu prétentieuse.
- Quand tu lis le français?- Toujours / Jamais / Demain.
Dans cette courte conversation, la réponse s’est constituée par un seul mot ayant une construction adverbiale. Donc, un seul adverbe peut être si fort que l’on le considère comme équivalent d’une phrase ou d’une proposition.
Or, outre la subordination, dans d’autres propositions dépendantes par exemple celles qui se construisent par l’un des mots de liaison, c’est le sens total de la proposition qui exprime la temporalité par rapport au reste de la phrase. Parmi les adverbiaux temporels, il y en a quelques-uns ayant une autre fonction linguistique différente: «Certains jouent un rôle de connecteur entre phrases (auparavant, ensuite)» (Abeillé et Godard, 2021, p. 1276).
Orientation d’idée par le déplacement adverbial en traduction persane
Or, dans l’exemple ci-dessous, il s’agit d’un cas particulier où l’adverbial «cet instant» qui est en fonction de sujet de la proposition juxtaposée, voit un changement fonctionnel dans la traduction persane.
Tableau n° 9
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Modification fonctionnelle à travers le déplacement de l’adverbial cet instant en traduction |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«Cet instant décida de ma vie; je ne puis encore aujourd’hui le remémorer sans angoisse» |
Trad. n° 1 «این لحظه سرنوشت زندگی مرا تعیین کرد و امروز هم نمیتوانم بیاضطراب به یادش بیاورم» |
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Trad. n° 2 «تمام زندگیام به آن لحظه پیوند یافته بود: حتی تا امروز هم نمیتوانم بدون درد از آن لحظه یاد کنم.» |
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Trad. n° 3 «تمام زندگیام وابسته به تصمیمگیری در آن لحظه شد. حتی تا امروز هم نمیتوانم بدون اضطراب به یادش بیاورم » |
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Dans l’énoncé du tableau ci-dessus, l’adverbial temporel «cet instant» (Gide, 1959, p. 24) à la forme syntaxique d’un syntagme nominal possède la fonction de sujet pour le verbe décider dans la première proposition juxtaposée. Quant aux équivalents choisis du tableau ci-dessus, c’est seulement dans la première traduction این لحظه» que nous voyons la même fonction de sujet de l’énoncé principal où l’emploi de «cet instant» est obligatoire. Mais dans les deux dernières traductions, l’adverbial de temps «آن لحظه» a perdu sa fonction de sujet. En effet, la place de cet adverbial de temps dans les deux dernières traductions est déplacée et donc, le sens provoqué par l’idée temporelle a été orienté.
Toutefois, selon le sens de l’adverbial temporel «cet instant», il est en rapport au moment de référence qui se trouve dans le contexte. Plus précisément, le moment où le narrateur entre dans la chambre d’Alissa. En effet, le sens de l’énoncé ci-dessus, nous suggère qu’il existe l’élision du suffixe –là, autrement dit l’adverbial principal sans élision pouvait être «cet instant-là».
Dans l’énoncé du tableau ci-dessous, l’adverbial «la journée» renvoie à un moment de passé et il est dans le sens de cette journée-là. Cependant, il a été traduit en persan à travers le nom «روز», ce qui possède une fonction différente:
Tableau n° 10
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Modification fonctionnelle à travers le déplacement de la traduction de l’adverbial anaphorique: |
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Texte source en français |
Texte cible en persan |
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«Cependant, la journée s’annonçait très chaude, un de ces Lourdes ciels, écrasants d’orage, qui étouffent en été les campagnes du Nord, plates et nues, à l’infini.» |
«با این حال، آسمان دم کرده، از آن گونه که با بار طوفان خود بر همه چیز سنگینی میکند و صحراهای تا افق هموار و عریان شمال را در تابستان خفه میسازد، از روز بسیار گرمی حکایت دارد.» |
En fait, dans la traduction ci-dessus, le déplacement des éléments de la phrase principale, engendre une orientation d’idée. Dans l’énoncé principal, l’adverbial «la journée» étant un syntagme nominal joue le rôle de sujet pour le verbe s’annoncer, ce verbe pronominale signifie selon Petit Robert «apparaître» (Rey, 1995). Alors que sa traduction «روز» a perdu cette fonction grammaticale à cause de son déplacement.
Conclusion
Grâce aux règles linguistiques, nous pouvons comprendre et comparer les éléments linguistiques différents au sein des langues diverses. Si l’on peut traduire, cela veut dire que les ressemblances sont plus ou moins assez suffisantes pour recevoir un propos en langue source et le transmettre en langue cible. Selon les clarifications grammaticales par rapports aux adverbiaux de temps en grammaire française et celle du persan que nous venons d’illustrer, nous avons comparé les adverbiaux de temps ayant plusieurs fonctions dans les énoncés différents en français avec leurs traductions persanes. Nous avons essayé d’être sensibles à la manière de concrétisation langagière de l’adverbial temporel en langue d’arrivée. À travers les explications données tirées des sources grammaticales et selon les cas présentés, nous pouvons rapporter à l’adverbe les fonctions suivantes: «sujet» à l’instar de «Cet instant» dans l’exemple: «Cet instant décida de ma vie;» (Gide, 1959, p. 24), «complément objet direct» comme «le jour» dans «Ces pommiers de nuit qui attendant le jour avec toutes leurs fleurs, des fleurs qui ne servent pas encore.» (Saint-Exupéry, 1931, pp. 153-154), «ajout», «complément circonstanciel de temps» ou «connecteur». En effet, c’est selon sa fonction et le sens de la phrase qu’il s’emploie obligatoirement ou optionnellement. En ce qui concerne les traductions des adverbes de temps, dans la plupart des cas leur traductions incarnent les mêmes fonctions, mais il existe aussi les cas où la traduction de l’adverbial temporel ne correspond pas à la même fonction grammaticale en langue source. En effet, il ne s’agit souvent pas de la question du choix d’équivalent, mais de la perception exacte par rapport à la tournure française et aux rapports entre les éléments de l’énoncé. La ponctuation est l’un des déterminants qui influe sur cette perception. Comme nous avons vu au cas n° 2, la ponctuation différente en traduction persane ne correspond pas à l’ordre de l’énoncé principal et à la vraie fonction de l’adverbial temporel. Dans cette recherche, nous avons réuni les cas où l’adverbe ou l’adverbial de temps possède des fonctions obligatoires dans l’énoncé, à l’instar de «sujet» ou «complément objet direct». Excepté la ponctuation, une autre preuve qui amène au désaccord fonctionnel dans la traduction est de ne pas suivre l’ordre lexical de l’énoncé source et de négliger la place de l’adverbe temporel. Au cas n° 10, l’adverbial de temps a perdu sa fonction principale à cause de son déplacement en traduction. Pour éviter la perte de sens, négliger la ponctuation originaire et l’ordre de la tournure principale aboutissent aux traductions qui ne correspondent pas aux mêmes fonctions des éléments de l’énoncé source.