نقش مسئولیت اجتماعی و اخلاق در فرآیند ترجمه

نوع مقاله : مقاله پژوهشی

نویسندگان

1 استادیارگروه زبان و ادبیات فرانسه، دانشکده علوم انسانی، دانشگاه بوعلی سینا، همدان، ایران

2 دانشجوی کارشناسی ارشد، گروه زبان و ادبیات فرانسه، دانشکده علوم انسانی، دانشگاه بوعلی سینا، همدان، ایران

چکیده

ترجمه فرآیند پیچیده‌ای است که فراتر از ترجمه صرف کلمه به کلمه است و اغلب برای افزایش درک مخاطبان هدف نیاز به سازگاری فرهنگی دارد. این امر باعث شده است که در میان مترجمان و محققان این امر پذیرفته شود که وفاداری کامل زبانی به متن مبدأ همیشه دست یافتنی یا حتی مطلوب نیست. اخیراً، اخلاق به‌عنوان یک حوزه محوری در مطالعات ترجمه ظاهر شده است، که باعث تأمل در مورد ماهیت در حال تحول شیوه‌های ترجمه در طول زمان شده است. بعد اخلاقی سؤالاتی را در مورد اختیار مترجم برای تغییر یا انطباق متن اصلی ایجاد می‌کند و اینکه تحت چه شرایطی ممکن است چنین تغییراتی غیراخلاقی تلقی شوند. این مقاله با تمرکز بر تعدد مسئولیت اجتماعی و اخلاقیات دخیل در فرآیندهای ترجمه و تفسیر به این نگرانی‌ها می‌پردازد. این پویایی مذاکرات اخلاقی را بررسی می‌کند، از جمله اینکه صدای افراد برجسته، پویایی قدرت در بازی، و اعتماد و مسئولیت‌هایی که به مترجمان داده می‌شود. مشارکت‌ها، منعکس‌کننده اجماع فزاینده‌ای است که مترجمان به جای انطباق با نسخه‌های اخلاقی خارجی، باید در بازتاب انتقادی در مورد دیدگاه‌های متنوع پیرامون مسائل اخلاقی در کار خود دخالت دهند. در نتیجه، بسیاری از مترجمان حق خود را برای به رسمیت شناخته شدن و طرح دیدگاه‌های خود در ترجمه، با به چالش کشیدن نامرئی بودن نقش مترجم و حمایت از حضور آشکارتر و آگاهانه ایدئولوژیک در عمل خود ابراز می‌کنند.

کلیدواژه‌ها

موضوعات


Introduction

Il est déjà admis par de nombreux traducteurs et universitaires que, compte tenu de l'objectif de la traduction et de nombreux autres facteurs, les traducteurs peuvent ne pas préférer au pied de la lettre, en tenant compte des différences culturelles entre le texte source et le lecteur cible, mais adapter le texte source à la culture cible de manière à ce que le lecteur cible puisse le comprendre. C'est pourquoi les traducteurs choisissent parfois de ne pas être fidèles à 100 % au texte source d'un point de vue linguistique. En outre, la principale préoccupation des traducteurs modernes est d'être considérés comme secondaires par rapport à l'auteur du texte original. Par conséquent, étant donné le manque de reconnaissance et de reconnaissance professionnelle, certains traducteurs insistent sur le fait qu'ils ont le droit d'être visibles, plutôt que de rester invisibles, et de refléter leur propre point de vue, commentaire et idéologie dans leurs traductions. Les questions ci-dessus sont raisonnables, mais on ne peut s'empêcher de se demander: pourquoi les traducteurs ont-ils le droit d'être visibles? Cela signifie-t-il que les traducteurs sont autorisés à apporter «n'importe quelle» modification au texte original lors de la traduction? Les traducteurs doivent-ils limiter la quantité et la visibilité des informations qu'ils ajoutent ou omettent au cours de la traduction ? Les traducteurs peuvent-ils refléter leur propre point de vue, même s'il n'est pas présent dans le texte source, ou ont-ils le droit d'induire le lecteur en erreur? Les traducteurs doivent-ils avoir la possibilité de façonner le texte en profondeur? Les réponses à ces questions sont directement liées au terme «éthique» en traduction. Par conséquent, l'objectif de cette étude est tout d'abord de passer en revue les approches récentes de la traduction, puis d'évaluer la traduction d'un point de vue éthique en se référant à ces modèles, de discuter des questions susmentionnées et enfin d'identifier les cas où l'on peut affirmer avec certitude que les traducteurs enfreignent les règles éthiques de la traduction. Avant d'entamer la discussion sur l'éthique dans les études de traduction, la raison d'être de cette étude est de se référer à quelques approches et concepts passés et récents. En effet, nous supposons qu'ils faciliteront notre compréhension de la traduction et, par extension, notre compréhension éthique de la traduction, en mettant en lumière les conceptions éthiques de la traduction.

La comparaison entre un texte original et sa traduction suscite souvent une insatisfaction, car il semble qu'il manque toujours un élément essentiel dans la traduction, ce qui nuit à la qualité de l'œuvre. Cette problématique est courante en raison des différences culturelles et grammaticales, ainsi que des erreurs potentielles des traducteurs. Dans le domaine de la médiation professionnelle, la responsabilité sociale est devenue une préoccupation importante, bien que son lien avec l'interprétation et la traduction ne soit pas encore clairement défini. La communication interculturelle soulève des enjeux significatifs concernant la responsabilité sociale des interprètes, traducteurs, clients et utilisateurs. Par exemple, dans leur étude sur la responsabilité sociale des ressources humaines (RH), Parkes et Davis (2013, p. 2411) soulignent la nécessité pour les professionnels des RH d'avoir le «courage de questionner» plutôt que d'être des «spectateurs perpétuels» en matière de responsabilité sociale, et appellent «les organismes professionnels et les institutions académiques du monde entier» à soutenir les professionnels pour qu'ils fassent preuve d'un tel courage les invitant à jouer un rôle en les aidant à le faire. Toutefois, les agences de traduction et les codes de conduite peuvent activement décourager les experts de «défier» qui que ce soit, en mettant plutôt l'accent sur la neutralité et la confidentialité. En outre, comme c'est généralement le cas, les organismes professionnels et universitaires ne peuvent être sollicités de cette manière en l'absence de formation formelle obligatoire ou de soutien professionnel réglementé.

Le concept de responsabilité sociale, bien que frustrant par son flou, est plus large que celui de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Bien que ce concept plus large soit relativement peu pris en compte dans la littérature, il est sans doute plus pertinent dans le contexte de la traduction. Les professions qui «prennent soin», comme les soins de santé, le travail social et l’éducation, ont une forte tradition de prise en compte de la responsabilité sociale et peuvent donc constituer un meilleur modèle de traduction que le secteur des entreprises. Lorsque ces professions «prenant soin» mettent l’accent sur la responsabilité sociale dans leur formation, l’accent est mis sur l’atténuation des risques. Si les professionnels ne sont pas conscients de leurs obligations et responsabilités plus larges dans le cadre de leur travail, il existe non seulement un risque pour la société, mais également un risque de conséquences telles que l’épuisement professionnel, le stress et le traumatisme par procuration pour les professionnels eux-mêmes (Hepworth et al., 2008). Une vaste étude empirique sur les travailleurs sociaux a révélé que «les professionnels devraient élaborer des normes éthiques qui encouragent la responsabilité sociale, car un tel comportement est associé à de meilleures attitudes éthiques parmi les employés» (Valentine et Fleischman, 2008, p. 657). En d’autres termes, l’importance accordée par un professionnel à la responsabilité sociale a le potentiel d’influencer les individus et la société bien au-delà de la sphère professionnelle étroite.

 

Antécédents de recherche

Pym (2014) affirme qu'en tant que traducteurs, nous ne devons pas oublier que nous sommes les représentants de l'original, ou de l'auteur. Si quelque chose est présent dans le texte original mais pas dans la version traduite, c'est contraire à l'éthique et le traducteur est également responsable et coupable. Chesterman (2014,
p. 139)
affirme également que lorsqu'une traduction «traduit mal» le texte source, il en résulte une version biaisée, unilatérale et idéologiquement suspecte, et qu'un tel état de fait a des conséquences contraires à l'éthique sur la relation et la perception de la culture source et de la culture cible. Il affirme qu'un bon traducteur est comme un bon miroir et que, comme un bon miroir, un bon traducteur doit refléter fidèlement le texte source, ou l'objectif de l'auteur original et la culture source. Il considère le «traducteur éthique» comme un médiateur dont la responsabilité est de s'efforcer de parvenir à une compréhension interculturelle. Spivak (2003) souligne l'importance de l'éthique dans la traduction, en insistant sur le fait que le traducteur doit comprendre les «présupposés» de l'auteur. Il affirme que traduire ne se limite pas à trouver des mots équivalents, illustrant son propos par l'exemple de Marx, dont l'idée de «commensurabilité» a été mal interprétée par des traducteurs d'une autre génération, ce qui a dévalué la discussion. Venuti (2002) soutient que la traduction peut engendrer des scandales culturels, économiques ou politiques, en raison de l'ignorance des valeurs sociales par les approches linguistiques traditionnelles. Il critique ces approches pour leurs limites, notamment en traduction littéraire, dues à leur déconnexion des contextes culturels et sociaux. En revanche, les approches modernes cherchent à réduire l'écart entre les cultures source et cible, entraînant une domestication des textes qui sélectionne certaines valeurs nationales tout en excluant d'autres. Cela peut générer divers effets culturels et politiques, susceptibles de provoquer des scandales.

 

Discussion Et Examen

  1. Modifications possibles que le texte de traduction peut nécessiter

Selon l'objectif de la traduction, le traducteur peut être amené à apporter des modifications au texte source en supprimant certains mots, phrases ou parties, en faisant des ajouts, en mettant à jour, etc. Sertkan (2007) écrit sur les différents besoins sociolinguistiques des différents groupes d'âge. Elle compare les enfants et les adultes et explique dans sa thèse que les besoins sociolinguistiques des enfants et des adultes sont différents. Pour cette raison, lors de l'adaptation d'une œuvre littéraire aux enfants, nous devons recréer le message approprié à leurs besoins. Pour ces raisons, les changements expliqués ci-dessous pourraient être apportés.

  • Omission: L'élimination ou la réduction d'une partie d'un texte.
  • Expansion: Avec ce type d'action, si le traducteur estime qu'il existe une information implicite dans le texte source, pour la rendre communicable au lecteur cible, il peut ajouter des notes de bas de page, un glossaire ou l'expliquer dans le texte principal afin de la rendre plus facile à comprendre pour le lecteur cible.
  • Mise à jour: Il s'agit du remplacement des informations obsolètes, désuètes et obscures du texte source par des équivalents modernes.
  • Exotisme: Remplacement de mots spécifiques à une culture particulière dans le texte source, tels que l'argot ou le dialecte, par des mots équivalents dans le texte traduit.
  • Équivalence situationnelle: Si le traducteur pense qu'il existe un contexte plus familier que celui utilisé dans le texte source, il peut en insérer un plus approprié.

 

  1. Responsabilité Sociale, Éthique et Traduction

L'éthique de la traduction (ou «éthique du traducteur») est l'ensemble des normes qui régissent la manière dont la traduction doit être effectuée. La traduction étant une forme de comportement linguistique, l'éthique de la traduction peut également être considérée comme faisant partie d'une éthique plus générale de la langue ou de la communication. Il existe deux grands types de théories philosophiques de l'éthique. L'une est l'utilitarisme ou le conséquentialisme, selon lequel le statut éthique d'une action est déterminé par ses conséquences. L'autre est le contractualisme ou l'obligativisme, dans lequel les actes éthiques sont ceux qui sont conformes à un contrat. On retrouve des éléments de ces deux types de théories dans l'éthique de la traduction. Étant donné que les idées sur l'éthique sont liées à une compréhension du concept de «bien», l'éthique de la traduction recoupe les questions de qualité. Certaines études récentes ont tenté de combler la différence entre les relations textuelles et humaines en élargissant la notion de «qualité de la traduction» pour y inclure les aspects éthiques des conditions de travail des traducteurs. L'étude de la qualité de la traduction porte sur les traducteurs/interprètes eux-mêmes, plutôt que sur les textes qu'ils produisent. Si l'on veut étudier le fonctionnement des différents types de traducteurs, leurs motivations et leurs décisions, il faut prendre en compte les questions axiologiques, et donc l'éthique professionnelle et l'éthique personnelle. Le débat sur l'éthique de la traduction s'articule autour de deux questions principales: d'une part, celle du «comment traduire», et d'autre part, celle de la manière dont la traduction peut contribuer à améliorer le monde.

La traduction n’est jamais totalement neutre ou objective; il y a toujours des changements et le traducteur laisse toujours une trace, de sorte que les idéaux de similitude totale et de représentation impartiale ne peuvent jamais être atteints de manière absolue. D’où l’importance de la conscience et de la responsabilité éthiques. Il y a des questions sur la responsabilité des traducteurs, notamment en ce qui concerne leur rôle dans l'éducation de leurs clients, l'exigence de conditions de travail éthiques, et la promotion de la profession. Il interroge également leur responsabilité envers un monde plus juste et les dilemmes éthiques qui peuvent survenir entre éthique personnelle et professionnelle. Enfin, il questionne la faisabilité de directives globales et les droits des traducteurs non professionnels, comme les traducteurs collaboratifs. Les revendications relatives à l’éthique de la traduction et aux codes de bonne pratique professionnelle peuvent supposer une validité universelle ; cependant, elles sont souvent conditionnées par le contexte historique et culturel, ou se rapportent à des types de textes particuliers, comme la Bible, la littérature ou des textes non littéraires. Dans quelle mesure la généralisation est-elle possible?

La traduction est un processus impliquant de nombreux participants, tels que traducteurs, interprètes, coordinateurs, commanditaires, réviseurs, et chercheurs, chacun ayant son mot à dire. Cette diversité de responsabilité sociale confère une responsabilité éthique à tous les acteurs, pas seulement aux traducteurs et interprètes (Jansen, 2017, p. 133). Cependant, cette multiplicité peut également engendrer des désaccords et des conflits sur les pratiques de traduction et d'interprétation, créant ainsi des situations et des problèmes qui méritent d'être davantage explorés.

Depuis le début des années 2000, les études de traduction ont connu un « retour à l'éthique » (Pym, 2014; Koskinen, 2000; Venuti, 2002; Tymoczko, 2006; Kenny, 2011; Dolmaya 2013; Oittinen, 2014; Drugan et Tipton, 2017). Cette régression se produit en réaction à l'attitude objective et indifférente à l'égard de l'éthique dans le paradigme dominant des études de traduction descriptive (Pym, 2014, p. 129). Si l'approche descriptive, avec son nouveau cadre conceptuel et sa nouvelle méthodologie, a transformé les études de traduction en une discipline véritablement scientifique, elle est aussi une réaction à un aspect essentiel de l'expérience des différents participants au processus de traduction, à savoir qu'une solution de traduction donnée ou, dans un sens plus général, l'action à adopter dans le processus de traduction. Le descriptivisme a été une réaction à un aspect essentiel de l'expérience des différents participants au processus de traduction, à savoir qu'une solution de traduction donnée ou, dans un sens plus général, l'action à adopter dans le processus de traduction, en est venue à ignorer le sens parfois intolérable de ce qui est bien ou mal, supérieur ou inférieur, par rapport à d'autres solutions ou d'autres alternatives. Le descriptivisme n'a pas beaucoup contribué à encourager la réflexion sur les questions éthiques qui se posent invariablement au cours de la journée de travail d'un traducteur ou d'un interprète, ni à suggérer des solutions à ces questions.

Le retour à l'éthique a certainement ouvert cet espace de réflexion et s'est concentré sur un large éventail de questions, anciennes et nouvelles. Bon nombre des premières recherches à cette branche très active des études sur la traduction s'inscrivent dans les quatre catégories proposées par Andrew Chesterman (2014, p. 139), à savoir «l'éthique de la représentation», «l'éthique de la communication», «l'éthique du service» et «l'éthique fondée sur les normes», c'est-à-dire la culture source/le texte d'origine. L'accent est mis respectivement sur la manière de respecter l'altérité de l'auteur/du texte original, de prendre en compte les intérêts de la partie qui demande la traduction ou qui reçoit le texte traduit, et de veiller à ce que des valeurs et des normes culturelles spécifiques influencent la pensée et le comportement éthiques. Des genres littéraires tels que la littérature pour enfants (Oittinen, 2014, p. 35) et des domaines tels que le développement des nouvelles technologies (Kenny, 2011) et la traduction militante (Tymoczko, 2006, p. 442) n'ont pas été suffisamment examinés du point de vue des concepts éthiques. D'autres se concentrent sur les questions éthiques soulevées par des formes de traduction elles-mêmes motivées par l'éthique, ou par de nouvelles formes de traduction telles que le crowdsourcing. Enfin, l'accent est mis sur l'impact de cette nouvelle conscience éthique sur la formation des traducteurs et des interprètes (Dolmaya, 2011, p. 97).

Les multiples acteurs impliqués dans la traduction et l'interprétation, ainsi que leurs obligations et droits respectifs avant, pendant et après l'acte de traduction, font l'objet d'une prise de conscience et d'une préoccupation croissante dans ce domaine. Par exemple, les éditeurs et les cotraducteurs qui peuvent ou non se comporter de manière éthique envers les traducteurs (Laygues, 2014, p. 169), les destinataires des services de traduction et d'interprétation (qui méritent de faire confiance à la loyauté des traducteurs et des interprètes, en particulier dans les situations de crise ou d'urgence, (Bulut et Kurultay, 2014, p. 249) et, plus récemment, les nombreux participants impliqués dans les processus de traduction participative (Dolmaya, 2013, p. 97). Dans ce travail, nous souhaitons encourager une attention plus directe à ces multiples agents et à ce qu'ils signifient pour les considérations éthiques et l'action dans la recherche et la pratique de la traduction. Nous partons du principe que chaque agent a une «responsabilité sociale» et un potentiel d'expression subjective. Des recherches antérieures sur la «responsabilité sociale» dans les études de traduction ont identifié la traduction comme «un groupe de caractéristiques textuelles qui donnent l'impression d'une source de prononciation unique» (Hermans, 2007; Jansen & Wegener, 2013; Taivalkoski-Silov et Suchet, 2013; Alvstad et al., 2017), et que ces responsabilités sociales peuvent être considérées comme des questions circulaires et contrastées. De tels regroupements peuvent se trouver à la fois à l'extérieur (par exemple dans des monologues et conversations parlés ou signés, ou dans des paratextes écrits) et à l'intérieur des textes traduits et interprétés eux-mêmes, et sont inhérents à la production et à la réception de tout texte traduit (qu'il soit écrit ou parlé), car ils «révèlent l'enchevêtrement de la subjectivité» (Alvstad et al., 2017, p. 3).

Le texte aborde les tensions qui émergent dans le domaine de la traduction et de l'interprétation, tant au sein des textes traduits qu'à l'extérieur, en raison de conflits d'intérêts, de différences culturelles et de diverses conceptions des pratiques éthiques. Dans le cadre du programme de recherche sur la responsabilité sociale en traduction, cette étude tente d'explorer les concepts de subjectivité, de pouvoir et de positions conflictuelles en relation avec la définition d'un comportement éthique dans ces professions.

Ce travail aborde quatre questions centrales liées à la responsabilité sociale dans le contexte de l'éthique de la traduction. Il examine les différentes responsabilités sociales impliquées dans la formulation des idées éthiques, en mettant en lumière les rôles des traducteurs, interprètes, auteurs, destinataires, institutions juridiques, éditeurs et universités. Les traducteurs et interprètes, en tant que médiateurs entre langues et cultures, peuvent se retrouver face à des responsabilités sociales conflictuelles. Les recherches illustrent ces dynamiques et les tensions qui en découlent. Il met en avant deux types de négociations: externes, entre auteurs et traducteurs, pouvant être pacifiques ou conflictuelles, et internes, où différentes responsabilités sociales mentales s'harmonisent dans l'esprit des traducteurs. Parfois, ces négociations se déroulent à la fois en externe et en interne, notamment lorsque des codes éthiques externes s'opposent à la conscience personnelle du traducteur.

Cette recherche présente explore des responsabilités sociales et leurs interactions dans des contextes nécessitant une réflexion éthique. Les sujets abordés incluent la traduction littéraire, la traduction automatique, l'interprétation dans le service public et les talk-shows, ainsi que des questions liées aux droits d'auteur, à l'éthique de la recherche et de l'édition, et aux erreurs de traduction. Ces recherches mettent en lumière la complexité et la diversité des agences et subjectivités impliquées dans les activités de traduction, d'interprétation et de recherche en traductologie.

 

  1. Les enjeux de la responsabilité sociale dans les recherches

La première étude, «The Discursive (Re)Construction of Translation Ethics» (Alvstad et al, 2017, p. 3), présente systématiquement certaines des principales responsabilités sociales, les catégorise, examine leur habitat discursif (où elles sont généralement entendues et vues) et décrit leur contenu (les idées sur l'éthique qu'elles promeuvent habituellement). La création de ce document est un tremplin pour le document suivant. Alors que le document dans son ensemble se concentre sur l'intersection de différentes perspectives dans l'arène discursive, il accorde une attention particulière aux responsabilités sociales qui ne sont pas souvent considérées comme contribuant au discours éthique, à savoir celles des différentes catégories de récepteurs de traduction (journalistes, blogueurs et autres commentateurs). L'article suggère que, plutôt que d'adopter sans réfléchir les règles et directives éthiques d'un petit nombre d'autorités institutionnelles (juridiquement non contraignantes), les agents de traduction devraient prendre pleinement en compte cette responsabilité sociale élargie en étudiant les considérations éthiques et les processus de réflexion critique pour guider leur propre travail.

L'éthique en traduction ne se limite pas à la prévention des erreurs avant l'acte de traduction. Intitulée «Post errorem», Chesterman (2014,
p. 139)
met en lumière que des erreurs peuvent survenir même en présence de lignes directrices éthiques. Il analyse les actions jugées contraires à l'éthique ou justifiées d'un point de vue éthique après qu'une erreur a été commise. Divers scénarios seront présentés pour illustrer le conflit entre différents points de vue éthiques, en particulier le point de vue éthique du traducteur et la responsabilité académique et sociale. L'éthique de la fidélité dans la traduction littéraire influencée par les idéaux et les normes professionnelles sera également abordée. Jansen (2017, p. 133) analyse également la perception des traducteurs littéraires concernant leur rôle par rapport aux auteurs et à la paternité des textes. Il souligne que, bien que des appels récents à l'émancipation des traducteurs les incitent à revendiquer leur statut d'auteurs de traductions autonomes, cette idée n'est pas toujours partagée par la communauté des traducteurs. Jansen s'appuie sur une enquête menée en 2013 auprès de 190 traducteurs littéraires scandinaves pour illustrer ces points de vue. Concernant les implications éthiques de l'utilisation d'ordinateurs pour la traduction, notant que les ordinateurs ne peuvent pas réfléchir à leurs choix de la même manière que les humains, l'analyse de Taivalkoski-Shilov (2013, p. 1) examine les préoccupations éthiques associées à la traduction automatique et à l'assistance à la traduction, en particulier dans le domaine littéraire. Elle soutient que le développement de la technologie dans ce domaine peut avoir des conséquences négatives, telles qu'une réduction de la qualité de la traduction, une perte de contrôle sur les traducteurs humains, notamment par le biais d'interfaces non intuitives, et une pression accrue sur les conditions de travail.

En promouvant la «responsabilité» en tant que caractéristique dynamique de l'activité de traduction, il est important de reconnaître le changement qui s'est produit au cours des deux dernières décennies, passant d'une approche non essentialiste de l'éthique du traducteur à une approche différenciée qui prend en compte l'ensemble de la situation de communication dans la prise de décision, en particulier dans les décisions liées au dialogue et à l'interprétation. La notion d'éthique du service, promue par la notion de traduction en tant qu'acte commissif, surmontant souvent les contraintes liées à la représentation d'un texte source particulier, a influencé un nombre considérable de recherches universitaires au cours de cette période. Dans le même temps, des questions importantes demeurent dans la sphère professionnelle, telles que le problème de l'autorité normative et la difficulté pour les professionnels de dépasser l'idée que les traducteurs et leurs «textes» sont au cœur des questions éthiques. Il ne s'agit pas de suggérer un manque de respect délibéré pour le texte, mais de considérer la responsabilité sociale comme une forme de responsabilité partagée, qui ouvre la voie à une compréhension plus large des influences interpersonnelles sur le statut des textes.

 

CONCLUSION

Cet article examine la traduction comme une responsabilité sociale et se concentre sur le rôle essentiel des traducteurs dans l'encouragement des considérations de responsabilité sociale dans le processus de traduction. Il se concentre également sur l'impact des exigences institutionnelles et sociales sur les performances et le statut des traducteurs. En considérant la responsabilité comme une dynamique partagée, il soulève des questions sur la responsabilité sociale en relation avec l'impact des traducteurs sur le progrès scientifique et culturel.

La traduction a évolué d'une focalisation sur la fidélité des mots à des considérations plus larges impliquant la communication interculturelle et le rôle social de la traduction. L'étude souligne la présence indéniable de la responsabilité sociale dans la traduction, soulignant que la traduction est une question culturelle qui affecte la vie des gens. De nombreux domaines, dont la science, la culture, l'économie, la médecine et la politique, dépendent d'une traduction précise, soulignant le besoin de précision et la nature essentielle de la responsabilité sociale à cet égard.

La responsabilité sociale permet de prendre des décisions éclairées et responsables concernant divers aspects de la vie. En tant que gardiens des questions culturelles et politiques, les traducteurs doivent reconnaître la responsabilité sociale inhérente à leur travail pour maintenir l'intégrité de leur profession et des textes qu'ils traduisent. La confiance entre les lecteurs ou les auditeurs et les traducteurs est primordiale. Les traducteurs doivent donc être bien formés, la précision et la responsabilité sociale étant les pierres angulaires de cette relation.

Pour favoriser les compétences professionnelles, les enseignants doivent mettre l’accent sur la responsabilité sociale dans leurs programmes, en particulier dans les cours universitaires, en sensibilisant les étudiants à ces questions. Les enseignants doivent eux-mêmes respecter la responsabilité sociale pour assurer sa transmission d’une traduction à l’autre, formant ainsi des traducteurs compétents et responsables. D’éminents théoriciens ont tous abordé la responsabilité sociale dans la traduction, chacun mettant en lumière divers aspects tels que la loyauté, le respect d’autrui et le sens littéral.

L’équilibre entre ces éléments est crucial ; une concentration excessive sur l’un peut compromettre les autres. Pour préparer adéquatement les traducteurs et les interprètes, la formation formelle doit intégrer des questions réelles liées à la profession afin de les équiper pour les défis de la traduction auxquels ils seront confrontés dans leur carrière.

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